Retour sur une semaine d’immersion et d’échanges inédite entre les pilotes de PUL de la FFVL et les pilotes de planeurs de la FFVP au Centre National de Vol à Voile de Saint-Auban.
En cette première semaine d’août 2026, une passerelle historique a été franchie dans le ciel de Haute-Provence. Invités au cœur du Centre National de Vol en Planeur (FFVP) de Château-Arnoux-Saint-Auban, les pilotes de planeurs ultra-légers (PUL) de la FFVL ont partagé briefs météo, thermiques et espaces aériens avec la grande aviation sans moteur.
Une rencontre placée sous le signe du respect mutuel, de la rigueur et de la passion pure du vol silencieux.

L’alliance de deux cultures du vol sans moteur
Si la Fédération Française de Vol Libre (FFVL) et la Fédération Française de Vol en Planeur (FFVP) partagent le même terrain de jeu — l’atmosphère —, leurs traditions et leurs usages ont longtemps évolué en parallèle.
D’un côté, la liberté, la légèreté et le décollage à pied hérités du deltaplane ; de l’autre, la rigueur aéronautique, la haute performance et les structures de formation des centres nationaux.
Pourtant, au carrefour de ces deux univers réside une machine fascinante : le Planeur Ultra-Léger (PUL), classé en Classe 2 par la FAI.
Avec des finesses oscillant entre 28 et 35 pour les modèles les plus affûtés comme le Swiftlight, le Swift 3 ou l’Archaeopteryx, ces ailes rigides carénées bousculent les frontières. Décollables à pied, au treuil, en remorqué ou à l’aide d’un dispositif d’envol motorisé électrique, elles concilient la sobriété logistique du vol libre et les trajectoires tendues des grands planeurs.
Rigueur, météo et cohabitation en spirale
Pendant quatre jours intensifs, les pilotes de l’ADPUL (Association pour le Développement du Planeur Ultra-Léger), basés à Aspres-sur-Buëch, se sont totalement intégrés au rythme du Centre National de Saint-Auban.
Briefings météo de haute précision, analyses aérologiques poussées, procédures d’intégration et protocoles de sécurité : chaque journée débutait dans le même amphi que les cadres et compétiteurs de la FFVP.
Une fois en l’air, le défi résidait dans la cohabitation harmonieuse au sein de la masse d’air. Si les planeurs traditionnels filent à haute vitesse, les PUL évoluent plus lentement, avec une charge alaire réduite leur permettant de tourner dans un mouchoir de poche.
Un atout redoutable pour exploiter les ascendances étroites en tout début de journée, mais qui exige une vigilance accrue lorsque les deux types d’aéronefs partagent la même pompe.

Des passerelles techniques et humaines
Cette immersion a mis en lumière l’extrême complémentarité des deux disciplines.
Pour un pilote de planeur classique, la découverte d’un PUL multi-axes se fait avec une aisance déconcertante : les commandes aérodynamiques, la lecture de l’aérologie et la gestion de la finesse sont déjà d’excellents fondamentaux.
Inversement, pour les libéristes issus du parapente ou du deltaplane souhaitant évoluer vers le PUL trois-axes, la formation initiale en planeur constitue un tremplin de sécurité inégalé.
Au-delà du plaisir de voler ensemble, cette rencontre sur le terrain concrétise des travaux de fond menés entre les deux fédérations autour de sujets stratégiques : prévention anti-collision avec les dispositifs FLARM, gestion harmonieuse des espaces aériens et culture de la sécurité.
« Une rencontre riche et très instructive qui va faire progresser nos pratiques. Mieux se connaître au sol, c’est mieux se comprendre et mieux partager le ciel en l’air. »
Philippe HARIGNORDOQUY
Président de l’ADPUL & Responsable de la commission Classe 2 à la FFVL
